Genève envie, un plan mort-né ?

Intitulée Genève Envie, la nouvelle mouture du plan directeur cantonal était certes très attendue. Mais  davantage qu’un concept de communication visuel et textuel enviable, il aurait fallu que ce soit le projet lui-même donne envie. Or là, attention aux leurres.

En effet, les modifications du plan directeur cantonal se situent au niveau du choix de mots. L’objectif reste le même, 50’000 logements d’ici 2030, mais il s’agit dorénavant de “loger nos enfants” (une phrase chère à François Lonchamp) et non plus de répondre au solde migratoire positif que subit notre canton. Sauf que la moyenne d’âge des habitants de Genève est proche de celui de la ménopause et que les genevoises ont en moyenne 1,44 enfant. Dans ces conditions, NOS enfants auraient déjà largement de quoi se loger s’ils ne subissaient une concurrence de plus en plus dure de la part de ceux venus d’ailleurs. Et malheureusement pour eux, cette concurrence ne s’exerce pas que sur le logement mais dans tous les domaines (formation, emplois, etc).

On densifie toujours la zone villas mais seulement celle située à proximité des transports publics. Le maillage de dessertes en transports public étant déjà bien serré, le résultat est le même: toutes les zones villas seront densifiées. Les mots changent l’objectif reste le même.

La temporalité est plus nuancée dans le nouveau plan. On reporte dans le temps les projets qui fâchent les communes, on ne les abandonne pas.

Poursuivre le principe d’augmenter le nombre d’emplois et de logements sans que les infrastructures indispensables à la mobilité puissent être construites ou financées à la hauteur des besoins, c’est continuer à foncer droit dans le mur.

Enfin, on ne construira jamais bien si on n’implique pas davantage les habitants. Or la participation des habitants à l’élaboration du futur de leur environnement de vie est toujours aussi absente du plan.

Pour que Genève fasse envie, il faut changer la méthode et les outils, je l’ai dit et écrit maintes fois. Je persiste en proposant par le biais d’un projet de loi, d’une part une meilleure répartition des compétences entre communes et canton en matière de planification et d’autre part, la nécessaire participation des habitants à l’élaboration de leur quartier.

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